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Renaissance. 02/04/2016

 

Quand le réel devient transcendant.

Enlevé. 02/06/2014

Enlevé.

 


Tu pars, la porte claque.
Je me retrouve coincée dans notre Univers, qui commence déjà à s'estomper.
Comment pourrais-je t'oublier, alors que ton passage est destiné à disparaître ?
Ton parfum, lui, me poursuit encore, sur ma peau, dans les draps.
J'ai envie de me recoucher, de ne jamais me réveiller, refaire ce rêve en boucle.

Quand reviendras-tu ? Tout me semble loin, si loin,
Comme si tu n'avais été qu'un rêve magique,
Merveilleux mirage, dont je dois prendre soin
Moi, la docile pythie d'un Monstre onirique.

Des semaines, des mois plus tard, j'y pense encore.
Comment pourrais-je m'en remettre ?
Tu t'es imprimé dans ma chair, tu m'a marquée à vie.
Je te cherche, sans arrêt. Chacune de tes traces fait bondir mon c½ur.
Es-tu seulement réel ? Je suis folle de toi.

Chaque jour est un nouveau supplice, pourtant,
Il me reste l'espoir d'une folle croyante,
J'attends ta parole divine en te priant
De me revenir un jour, d'aimer ton amante.
.
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Colombes. 28/05/2014

Colombes.

 


Mon Ange ! Te souviens-tu ?
La nuit, tard, nous allions,
Jusqu'à être perdus,
Semer la rébellion.

Nous étendions l'esprit,
Le c½ur et la conscience,
Puis nous formions un nid
Pour éveiller nos sens.

Les Lumières se levaient,
Chevaliers humanistes,
Et dans l'Ombre, dansaient,
Pour fendre l'obscurantisme.

Nous levions nos armes,
Ensemble ! Contre tout,
En un glorieux vacarme,
Pour libérer les Fous.

Le Rouge s'écoulait,
Dans la rue, sur les murs,
Sur le Passé, peignait,
Notre Rage, notre usure.

Et nos mots résonnaient !
Comme les coups de canon
Envoyés pour la paix,
Détruisant nos prisons.

Les lions s'enfuyaient,
Chimères des Enfers,
Hués par leurs laquais,
Rattrapés par leurs tiers.

Les corbeaux s'envolaient,
Au rythme de la gloire,
Pendant que l'on serrait
Les cordes du Pouvoir.

Oui, les nuits, nous valsions,
Sur les places, les boulevards,
Pour fêter la nation
Et son nouveau départ.

Les pauvres s'esclaffaient,
Devant les têtes nobles,
Qui, toujours grimaçaient,
Offrant leur air ignoble.

De Paris aux provinces,
S'échappait une rumeur,
Oui ! Le peuple était Prince,
Souverain, et vainqueur.

Nous rentrions chez nous,
Affranchis de nos chaînes,
Redevenions voyous,
Pour nous aimer sans peine.

Alors, nous rêvions,
Librement, à l'Été,
Au bonheur, aux passions,
Aux chaleurs dépravées.
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Rêvicide. 20/05/2014

Rêvicide.

 


Lorsque l'hélianthe se fane pour exploser au loin,
Dissimulant sa fin comme un Monstre moribond,
Les éthers se lèvent, et entament le refrain
De cantiques psalmodiées pour un Dieu sans nom.

Des gouffres infernaux surgissent mille créatures,
Brûlantes de l'Ira pétrifiante de Satan,
Qui feront des plus Saints les insolents parjures
Succombants sans remord à l'appel des serpents.

Anges et Démons se mêlent sous le fol Astre nocturne,
Tanguant entre les flots divins et diaboliques,
Au rythme lancinant des anneaux de Saturne,
Pour un ballet céleste, illusion onirique.

Ce n'est que lorsque l'aube s'avance dans la Nuit,
Que les brumes rougeoyantes, en un soudain soupir,
Cèdent sous les assauts affolés des bénis,
Pour revenir bientôt envoûter leur Empire.
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Fossoyeur. 09/05/2014

Fossoyeur.

 


Au sanctuaire, vestige des rêves des Anciens,
Le lierre rampe, louvoie, et recouvre la pierre,
Dérangeant ainsi le sommeil de la poussière,
Qui recouvre le Monde, comme un voile de satin.

Il se glisse et s'insinue au c½ur des ombres,
Serpentant entre la Terre et le bois sacré,
Laissé au sol, abandonné et oublié,
Gisant comme un cadavre au milieu des décombres.

Lorsque le soleil caresse cet endroit,
L'on aperçoit plus qu'herbe et tissus Smaragdine,
Qui se mêlent et fondent en une étreinte câline,
Jusqu'à faner et s'envoler pour l'au-delà.

Et moi, tel un fossoyeur en temps de peste,
Je creuse Gaia et y enfouis mes trésors,
Sacrifie mes jouets pour offrir à la Mort,
Cette couleur émeraude que prenaient leurs restes.
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